ObservatoireObservatoire indépendant de l'élection présidentielle de 2027.
Résultats 2022 par territoire : données du Ministère de l'Intérieur.
Programmes et positions sourcés, vérifiables. Aucune donnée de sondage non sourcée.
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Journal du 1 octobre 2026
Juridique

Propos antisémites attribués à Jordan Bardella : ce que l'on sait

Le site d'investigation Mediapart attribue au président du Rassemblement national des messages antisémites qui auraient été rédigés en 2013. Jordan Bardella conteste leur authenticité et a déposé plainte en diffamation. Tour d'horizon d'une affaire dont les pièces restent, à ce stade, contestées.

Le 28 septembre 2026, le site d'investigation Mediapart a publié une enquête attribuant à Jordan Bardella, président du Rassemblement national, des propos antisémites et complotistes qui auraient été écrits durant l'été 2013, lorsqu'il avait 17 ou 18 ans. L'intéressé conteste formellement l'authenticité de ces documents, qu'il qualifie de « faux grossiers », et a annoncé le dépôt d'une plainte en diffamation. À ce stade, l'authenticité et l'attribution des pièces restent contestées, et aucune juridiction ne s'est prononcée.

L'affaire intervient à environ dix-huit mois de l'élection présidentielle de 2027, dans une période où le Rassemblement national figure en tête de plusieurs enquêtes d'opinion. Pour s'en tenir aux faits vérifiables, il convient de distinguer ce qui a été publié, ce qui est contesté, la procédure engagée, et ce qui reste à établir.

Ce que publie Mediapart

Selon les journalistes de Mediapart, Jordan Bardella aurait tenu, dans des conversations privées, des propos à caractère antisémite et conspirationniste, que le média situe à partir de l'été 2013. Mediapart affirme avoir authentifié ces échanges, « y compris techniquement », selon Fabrice Arfi, coresponsable du pôle enquêtes. L'enquête situe ces écrits à une période où M. Bardella était très jeune.

Le média évoque des formulations explicitement antisémites ainsi que des références complotistes. Par souci de sobriété et parce que l'attribution même de ces propos est contestée, l'observatoire ne les reproduit pas. Mediapart indique s'appuyer sur un travail de recoupement et de vérification des documents qu'il publie.

Par prudence, et tant que la justice n'a pas tranché, ces propos sont attribués par Mediapart à Jordan Bardella : ils ne sauraient être présentés comme des faits établis. C'est précisément la véracité et l'attribution de ces documents qui sont au cœur de l'affaire.

Ce que conteste Jordan Bardella

Le président du RN a réagi en contestant « formellement » les accusations. Il affirme n'avoir jamais tenu « de propos racistes ou antisémites de ce type » et dénonce des « faux grossiers » ainsi qu'une « opération de barbouzerie ». Il a aussi souligné qu'à l'été 2013, il n'était, selon ses termes, « pas militant actif » du Front national, ancien nom du mouvement.

Une plainte en diffamation

Jordan Bardella a annoncé, le 28 septembre au soir, que son avocat avait déposé une plainte en diffamation visant Mediapart. Sur le plan juridique, une telle procédure portera notamment sur l'authenticité et l'attribution des documents. C'est à la justice qu'il reviendra, le cas échéant, d'établir les faits ; aucune décision n'était intervenue à la date de publication.

La position de Mediapart

Mis en cause, Mediapart a indiqué maintenir ses informations et se dire prêt à présenter l'ensemble de ses éléments devant un tribunal. Le média affirme avoir procédé à des vérifications, y compris techniques, sur les échanges qu'il publie. Les deux parties se disent donc prêtes à porter le débat sur le terrain judiciaire.

Les réactions au Rassemblement national

Au sein du RN, la ligne a consisté à rejeter en bloc les accusations et à dénoncer une manœuvre. Les dirigeants du mouvement, dont Marine Le Pen, ont apporté leur soutien à Jordan Bardella et contesté la validité des documents. La séquence a donné lieu à une communication offensive, plusieurs responsables évoquant une tentative de déstabilisation à l'approche de la présidentielle.

À l'inverse, plusieurs commentaires de presse — notamment un éditorial du Monde et une chronique du Figaro — ont analysé la stratégie de défense du parti et interrogé la portée de l'affaire au regard de l'entreprise de « normalisation » revendiquée par le RN depuis plusieurs années.

Un contexte politique particulier

Jordan Bardella, âgé de 30 ans, préside le Rassemblement national et a conduit la liste du parti aux élections européennes. Il est régulièrement présenté comme l'un des visages de la stratégie du mouvement pour les échéances à venir, voire comme un possible Premier ministre en cas de victoire. L'affaire touche donc l'une des principales incarnations de la ligne du parti.

L'affaire survient alors que le Rassemblement national occupe une place de premier plan dans les intentions de vote mesurées par les instituts. La bataille sur l'authenticité des pièces s'inscrit ainsi dans une séquence préélectorale particulièrement sensible, à l'approche de la présidentielle de 2027.

Ce qui reste à établir

  • l'authenticité et l'attribution exactes des documents publiés par Mediapart, qui font l'objet de la plainte ;
  • les suites judiciaires de la plainte en diffamation déposée par Jordan Bardella ;
  • les éléments que Mediapart dit pouvoir produire devant la justice.

En l'état, seuls quelques faits sont vérifiables : une publication, une contestation ferme, une procédure engagée et un média qui maintient ses informations. Les qualifications définitives relèvent de la justice, qui n'a pas encore statué.